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L’École des Grands
10 ans de soutien à la réussite scolaire
L’École des Grands est un programme d’aide aux devoirs qui permet à des centaines d’élèves du primaire issus de milieux défavorisés d’être mentorés par des collégiens et collégiennes. Le Portail du réseau collégial a rencontré la fondatrice de l’École des Grands et directrice générale de la Fondation W., Alisha Wissanji.
Par Élise Prioleau, rédactrice

Cette année, l’École des Grands a eu 10 ans. En une décennie, ce programme visionnaire a permis à plus de 2800 élèves du primaire de vivre une expérience privilégiée de mentorat avec des étudiants d’un cégep de leur région. Le programme s’adresse aux élèves en provenance des écoles dont l’indice de défavorisation est le plus élevé dans la province.
« L’École des Grands est un programme de mentorat parascolaire qui a lieu les samedis dans les cégeps du Québec, de 9h à midi. Le samedi matin, les enfants arrivent au cégep et sont accueillis par des collégiens et collégiennes qui ont choisi de les accompagner », explique Alisha Wissanji.
À l’École des Grands, les enfants reçoivent de l’aide aux devoirs principalement en français, en mathématiques et en sciences. Une fois que les devoirs sont terminés, les plus petits ont la chance de participer à des ateliers ludiques d’éveil scientifique ou de programmation informatique en compagnie de leurs mentors collégiaux. Par la suite, une fois par mois, les mentors offrent aux enfants un « atelier découverte ».

« C’est un atelier de 30 à 40 minutes qui permet aux enfants de vivre les réalités locales du cégep. Par exemple, dans le cas où il y aurait dans un cégep un département de médecine nucléaire, les enfants vont pouvoir aller visiter le département en compagnie de leurs mentors », précise la fondatrice du programme.
L’objectif de l’École des Grands est double : soutenir la réussite éducative des enfants les plus à risque de décrochage scolaire, mais aussi de favoriser l’engagement et la réussite scolaires des étudiants des niveaux postsecondaires. Le programme est aujourd’hui implanté dans 25 établissements postsecondaires au Québec et en Ontario. Depuis sa création, il a rejoint près de 2500 collégiens et collégiennes issus des quatre coins du Québec.
Rejoindre 100 000 enfants parmi les plus vulnérables, c’est l’objectif qu’on aimerait atteindre d’ici quelques années, pour avoir un impact générationnel sur le décrochage scolaire et sur la diplomation.Alisha Wissanji, fondatrice de l’École des Grands et directrice générale de la Fondation W.
Soutenir les enfants à risque de décrochage au secondaire
« En ce moment au Québec, c’est un garçon sur cinq et une fille sur dix qui décroche au secondaire. Les facteurs du décrochage scolaire sont connus. On sait que les élèves du primaire en provenance d’un milieu défavorisé qui cumulent des difficultés en français et en maths sont les plus à risque de décrocher au secondaire », relate Alisha Wissanji.
Ce sont précisément ces enfants-là qui fréquentent l’École des Grands. Les élèves participants sont sélectionnés par leurs professeurs parmi ceux et celles qui ont une moyenne générale qui se situe entre 50% et 70%.
« Aujourd’hui au Québec, 100 000 enfants répondent à ces critères-là. Rejoindre 100 000 enfants parmi les plus vulnérables, c’est l’objectif qu’on aimerait atteindre d’ici quelques années, pour avoir un impact générationnel sur le décrochage scolaire et sur la diplomation », soutient la fondatrice du programme.
Car l’impact de l’École des Grands sur les trajectoires des plus vulnérables est bien réel. « J’ai vu des enfants qui ont fait leur école primaire à l’École des Grands, qui aujourd’hui sont devenus collégiens et collégiennes et qui ont choisi de devenir mentors pour aider à leur tour des enfants. On a vu des parents d’élèves s’inscrire comme étudiants au collégial et devenir mentors à leur tour. On voit que c’est un cercle vertueux qui s’installe dans les communautés », se réjouit Alisha Wissanji.
Un cercle vertueux qui est célébré deux fois par année lors de cérémonies des diplômes. « À la fin de chaque session, les mentors, les élèves du primaire, les enseignants, les membres de la direction, les parents, les élus et les médias débarquent dans les cégeps pour venir applaudir la persévérance des enfants participants au programme et l’engagement des mentors. Pour les enfants qui sont en situation de difficultés d’apprentissage, c’est souvent la première fois qu’on vient les applaudir. Pour certains, c’est le seul certificat qu’ils vont recevoir, donc c’est très émouvant », relate la directrice générale de la Fondation W.
Les cégépiens et cégépiennes interviennent comme grands frères, grandes sœurs pour les enfants. Ça crée une communauté, et ça tire tout le monde vers le haut. Alisha Wissanji, fondatrice de l’École des Grands et directrice générale de la Fondation W.
Soutenir la réussite des collégiens et collégiennes
Si l’École des Grands a un impact sur la réussite des élèves du primaire, il en va de même pour les étudiants collégiaux impliqués. Tous les ans dans les cégeps qui participent au programme, des étudiants et étudiantes se manifestent spontanément pour rejoindre la mission de l’École des Grands. « Il y a trois types de collégiens et collégiennes qui s’impliquent, explique Alisha Wissanji.
« Il y a ceux qui excellent et qui veulent bonifier leur CV à l’aide d’une implication parascolaire. Ensuite, ceux et celles qui veulent valider un choix professionnel axé sur l’enseignement, par exemple les étudiants des techniques en éducation spécialisée. La troisième catégorie sont ceux et celles qui ont vécu eux aussi des difficultés scolaires, qui se sont rendus au cégep, et qui veulent redonner à la communauté », constate-t-elle.
« Peu importe leur profil, les cégépiens et cégépiennes interviennent comme grands frères, grandes sœurs pour les enfants. Ça crée une communauté, et ça tire tout le monde vers le haut », souligne la fondatrice.
La Fondation W. constate que l’École des Grands est bénéfique pour les mentors impliqués, en particulier pour les garçons. « On voit que le programme aide les collégiens à développer leur propre autonomie, leur motivation intrinsèque dans leurs études et leur sentiment de compétence », précise Alisha Wissanji.
Un programme gratuit et facile à implanter
Si l’École des Grands a pu se déployer un peu partout au Québec, c’est aussi grâce à l’implication des cégeps, qui offrent un accès à leurs locaux et recrutent les mentors parmi leurs étudiant-e-s. C’est un programme à très faible coût et facile à implanter, grâce au soutien de l’équipe de la Fondation W.
« La Fondation W. est un organisme de bienfaisance qui accompagne les cégeps dans l’implantation du programme. On donne gratuitement tous les outils. C’est un programme clés en main », explique Alisha Wissanji.
« Ça me fait chaud au cœur de voir que ce projet-là est porté par de nombreuses communautés collégiales, qui en ont fait une priorité dans leur plan de réussite. En soutenant l’École des Grands, ils soutiennent la réussite de leurs propres étudiants et changent des trajectoires de vie d’enfants québécois », conclut-elle.
Pour rejoindre le programme l’École des Grands, contactez la Fondation W.


