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Cégeps et année de transition irlandaise

« Deux modèles différents, basés sur la même philosophie »

En créant les cégeps en 1967, Québec voulait notamment permettre aux jeunes d’explorer leurs intérêts avant de choisir dans quel domaine ils voulaient étudier. Une philosophie qui ressemble à celle de l’année de transition en Irlande. Des différences existent néanmoins entre les deux programmes, explique la présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps, Marie Montpetit.

Ariane Lacoursière Équipe d’enquête, La Presse

« Je comprends qu’il y a peut-être des parallèles à faire. Mais contrairement à l’année de transition, où le programme est très libre, au cégep, il y a un programme défini et des examens. C’est très exigeant, le cégep », affirme Mme Montpetit.

La Presse présentait samedi un dossier sur l’année de transition en Irlande. Un programme qui permet aux jeunes de 15 ans de vivre une année sans examens. Durant cette année de transition, les adolescents sont appelés à vivre différentes expériences comme des stages. Et à tester plusieurs activités, entre autres sportives et culturelles, sans jamais être notés.

Mme Montpetit explique que les cégeps « n’ont pas été créés comme une année de transition ». Des ressemblances sont toutefois notées. « Le rapport Parent recommandait de retarder les choix définitifs et irréversibles pour les élèves, dit-elle. Pour éviter les erreurs d’orientation et pour permettre aux jeunes de mieux développer leur potentiel. Un certain parallèle peut être fait ici avec l’année de transition », affirme Mme Montpetit.

Celle-ci souligne que les cégeps travaillent aussi depuis quelques années « pas juste sur la réussite pédagogique, mais aussi sur la réussite éducative », pour « amener les jeunes à développer des compétences qui vont au-delà des savoirs disciplinaires ». Au cégep, l’apprentissage ne se limite donc pas à la salle de classe, souligne Mme Montpetit. « Il y a tout ce qui est parascolaire, périscolaire, l’alternance travail-études, dit-elle. Tout ça permet de se développer comme citoyen. De développer la pensée critique, aussi. Le cégep, ça permet justement de trouver sa voie. Professionnelle, mais aussi dans ses intérêts. »

Au cégep, comme durant l’année de transition, il se « crée un espace où les jeunes acquièrent des connaissances, mais aussi où ils gagnent en confiance, en autonomie, en expérience », remarque Mme Montpetit.

Selon elle, « l’exploration fait partie du développement normal du jeune adulte ». « La façon dont est fait le cégep, c’est de permettre aux jeunes de trouver leur voie. Il y en a qui vont trouver du premier coup. Pour d’autres, ça va prendre plus de temps », affirme Mme Montpetit, qui souligne que 30 % des cégépiens changent d’orientation ou de programme durant leur parcours collégial.

Des différences majeures

Sans être une experte de l’année de transition, Mme Montpetit remarque toutefois certaines différences avec les cégeps. Notamment avec les programmes techniques. « Il ne faut pas oublier que 50 % des étudiants de cégep sortent qualifiés, avec un diplôme qui leur donne accès au marché du travail », dit-elle. La philosophie de l’exploration s’applique donc moins à cette clientèle.

Et alors que le cursus de l’année de transition irlandais contient peu d’exigences et tient sur une trentaine de pages, les programmes d’études des cégeps sont « très normés au niveau des compétences », note Mme Montpetit. Au cégep, les notes obtenues dans chaque cours sont aussi très importantes, car elles permettent d’être ensuite admis ou non à l’université. Une différence non négligeable avec l’année de transition, qui ne comporte aucun examen.

Ce qui fait dire à Marie Montpetit que les cégeps et l’année de transition sont « deux modèles très différents, basés sur la même philosophie ».

Source: La Presse

23 août 2026